Tunisia election observation reports and statements
ELECTION BRIEF
Updated Dec 2014

Les élections législatives du 26 octobre 2014 en Tunisie : les enjeux de la polarisation

Le 26 octobre 2014, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour élire leurs représentants au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple. Il s'agissait des premières élections depuis l'adoption de la nouvelle Constitution de janvier 2014 et ce scrutin a revêtu des enjeux particuliers pour la transition démocratique en Tunisie.

Après le soulèvement populaire de janvier 2011 qui avait entraîné la chute de Ben Ali, le premier défi pour le pays consistait à réussir le passage d'un régime autoritaire à un régime plus démocratique, de façon consensuelle et pacifique. La réussite de cette transition a failli être compromise par les crises politiques successives que le pays a connues depuis 2011, avec comme point d'orgue les assassinats d'opposants en 2013, les impatiences sociales face à l'absence de retombées socio-économiques de la Révolution et les menaces d'attentats attribués aux groupes islamistes.

Dans un tel contexte, l'enjeu pour les acteurs politiques tunisiens était de préserver l'apaisement afin de maintenir intacts les espoirs d'une véritable rupture avec les pratiques du passé. A cet égard, les élections législatives tunisiennes du 26 octobre 2014 ont été une réussite. Malgré un climat socio-politique et sécuritaire sensible, le scrutin s'est déroulé sans incidents majeurs. Les efforts de transparence de la part de l'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE), l'organe de gestion des élections, l'implication des organisations de la société civile, ont contribué à crédibiliser le processus électoral. L'acceptation des résultats par l'ensemble des parties prenantes a également démontré la volonté des Tunisiens d'avancer un peu plus vers la voie de la démocratisation.

Si ces élections ont été un premier pas une transition démocratique réussie, elles ont également renforcé la polarisation de la scène politique autour des deux mouvements politiques. Avec respectivement 39,17% et 31,79% des voix au terme du scrutin, le Parti Nidaa Tounes, qui se veut être un courant progressiste, et le Mouvement islamique Ennahdha, ont concentré la majorité des suffrages de l'électorat malgré le nombre conséquent de formations politiques ayant présenté des listes de candidats à ces élections. Cette nouvelle configuration politique pèsera certainement sur la stabilité et l'avenir des institutions démocratiques en Tunisie.

Au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple oł 15 formations ont obtenu des sièges, le jeu des alliances sera déterminant pour la nomination du futur Premier Ministre. En effet, l'article 89 de la Constitution confère au parti ou à la coalition ayant le plus grand nombre de sièges le pouvoir de former le gouvernement. En optant pour un régime semi-parlementaire, la Tunisie place l'essentiel du pouvoir exécutif entre les mains du Chef du gouvernement. En obtenant seulement 85 sièges, Nidaa Tounes ne dispose pas d'une majorité confortable et devra nécessairement composer avec les autres partis pour gouverner et définir les orientations qu'il souhaite pour le pays. De même, des risques d'instabilité politique ne sont pas à exclure, en raison de la nature changeante des coalitions politiques à l'Assemblée des Représentants et au Gouvernement. La stabilité politique et institutionnelle de la Tunisie, ainsi que la réussite du processus de démocratisation, dépendront de la capacité des forces politiques à cohabiter et à faire prévaloir le bien commun, le consensus et le triomphe des valeurs démocratiques, qui donnent à la Tunisie une place à part parmi les pays du « printemps arabe ».

Jessica Ranohefy
Chargée de Programmes, EISA, Madagascar

Citizen observers

Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie "Dossier de presse : Mission d'observation des élections présidentielles tunisiennes 2014", [www] http://www.cvdtunisie.org/dossier-de-presse-mission-dobservation-des-elections-presidentielles-tunisiennes-2014/ (opens new window, accessed 19 Dec 2014).

Mission d'observation de l'Union africaine

Mission d'observation de l'Union africaine dans le cadre des élections législatives du 26 octobre 2014.

Other EOM reports and statements

Commission Internationale de Juristes (CIJ) et de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) "Rapport de mission d'observation du procès de Mohamed ABBOU à TUNIS - 27 au 29 avril 2005", [www] https://www.fidh.org/La-Federation-internationale-des-ligues-des-droits-de-l-homme/maghreb-moyen-orient/tunisie/Mission-d-observation-du-proces-de (opens new window, accessed 19 Dec 2014).

International Republican Institute "Tunisia", [www] http://www.iri.org/countries-and-programs/middle-east-and-north-africa/tunisia (page not available 7 Sep 2015).

National Democratic Institute "Tunisia", [www] https://www.ndi.org/tunisia (opens new window, accessed 19 Dec 2014).

The Carter Center "Waging Peace: Tunisia", [www] http://www.cartercenter.org/countries/tunisia-peace.html (opens new window, accessed 19 Dec 2014).

Union européenne en Tunisie, [www] http://www.eueom.eu//tunisie2014/ue-moe-tunisie-2014?LANG=fr (opens new window, accessed 19 Dec 2014).


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